Fouta Djallon - République de Guinée - Afrique de l'Ouest

Système éducatif au Fouta Djallon

 

  

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Pauvreté et éducation 
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La région de Labé a l’un des TBS les plus faibles du pays 60% contre 77% au niveau national(QUIBB 2002) ; celui des filles est aussi le plus faible du pays (56% contre 70% au niveau national). A cause des disparités dans la région ces taux sont encore plus faibles dans certaines préfectures. A Koubia, par exemple, ils représentent res­pectivement 44% et 42%. Il existe aussi une disparité interne dans les préfectures qui fait qu’à Mali et Tougué, où elle est très marquée, on enregistre un TBS de 17% à Salambandé, 29% à Touba, 31% à Madina Wora et 19% à Fello Koundouwa.

Ensuite, le QUIBB 2002 indique qu’après Kankan (31,1%) et Faranah (44,7%), Labé est la région ayant le plus faible taux net de scolarisation (TNS) au primaire (46,8%) contre (54,1%) au niveau national (voir carte suivante). Egalement, après Mamou (53,8), elle a le plus faible taux d’accès au primaire (67%) contre (76% au niveau na­tional). Dans la région, le taux d’élèves non satisfaits des services de l’école au pri­maire est de 75,3% contre une moyenne nationale de 65,9% ; celui des non satisfaits des services de l’école au secondaire est de 74,7% contre une moyenne nationale de 62,9%. En outre, selon une étude récente (IIZ/DVV septembre 2004) Labé enre­gistre le taux d’analphabétisme le plus élevé du pays (78,49%) contre (72,86%) au niveau national).

La faiblesse de ces différents indicateurs scolaires s’explique par des difficultés prin­cipalement relatives à l’insuffisance d’infrastructures, de personnel de qualité, d’équipements et de manuels didactiques. De leur interrelation découlent des pro­blèmes connexes que sont le faible taux de scolarisation, la déperdition scolaire, le faible rendement scolaire, le faible niveau des élèves, le coût très élevé de la forma­tion au niveau de l’enseignement technique et de la formation professionnelle.

 

Répartition des écoles privées de la région par préfecture
et selon le type d’enseignement 
[haut]

Année

Préfecture

Type d’enseignement

Primaire

Secondaire

Professionnel

2002

Koubia

1

0

0

Labé

26

3

1

Lélouma

1

0

0

Mali

2

0

0

Tougué

0

0

0

Total région

30

3

1

2003

Koubia

1

0

0

Labé

27

4

1

Lélouma

1

0

0

Mali

2

0

0

Tougué

0

0

0

Total région

31

4

1

2004

Koubia

1

0

0

Labé

29

7

1

Lélouma

1

3

0

Mali

2

0

0

Tougué

0

0

0

Total région

33

10

1

Source : Rapport enquête SRRP Labé, août 2005

En effet, le développement des infrastructures a connu un rythme moins soutenu à Labé que dans d’autres régions. Ainsi, de 2002 à 2004, le taux d’accroissement du nombre de salles de classes au primaire a été de 2,3 contre 2,98 au niveau national, 3,27 dans la région de Kindia et 2,9 dans celle de Kankan (DSRP Labé, décembre 2003). Si bien qu’aujourd’hui encore, c’est seulement 17% des écoles au primaire qui ont 6 classes ou plus, 39% n’ont qu’une ou 2 classes. Les disparités entre préfectu­res et entre zones urbaines et zones rurales rendent encore la situation plus exacer­bée dans la région. A Mali, 59% des écoles sont à une ou 2 salles. Ensuite, 4% du total des salles de classe pratiquent la double vacation et 8% sont en multigrades. La double vacation est plus prononcée à Labé où elle est pratiquée par 8% des salles et les classes en multigrades à Mali où 13% des salles le sont. Enfin, le ratio élè­ves/salles de classe en 2005 au primaire est de 45,2 contre un ratio de 43 tel que prévu par l’éducation pour tous (EPT). Le secondaire enregistre une situation plus accentuée dans la mesure où l’augmentation du nombre de salles de classes est plus faible qu’au primaire. A ce niveau les salles de classes présentent des effectifs très élevés qui affectent la qualité de l’enseignement.

Les écoles privées émergent particulièrement à Labé, mais les revenus des popula­tions ne favorisent pas souvent la scolarisation des enfants dans ces établissements. Le tableau suivant donne le nombre de ces établissements dans la région.

Le centre de formation professionnelle (CFP) et l’école normale d'instituteurs (ENI) de Labé sont à l’étroit dans leurs propres locaux du fait qu’ils abritent l’école des soins de santé communautaire (ESSC) et une partie du centre universitaire. Ces établissements professionnels n’arrivent pas à satisfaire toute la demande en ma­tière de recrutement (voir tableau suivant). Le centre universitaire de Labé (CUL), création récente, dont le site est situé à une vingtaine de kilomètres du centre ville, souffre d’un manque crucial d’infrastructures et d’équipements. Egalement la capa­cité d’accueil des centres NAFA est rendue faible face à la progression des effectifs à alphabétiser.

 

Situation des recrutements des écoles professionnelles en 2004  [haut]

Etablissements

Recrutement

Candidats au recrutement

Recrutés

Garçons

Filles

Total

% filles

Garçons

Filles

Total

% filles

CFP

108

22

130

16,9

40

3

43

7,0

ENI

224

257

481

53,4

136

184

320

57,5

ESSC

168

236

404

58,4

42

194

236

82,2

Total

500

515

1015

50,7

218

381

599

63,6

Source : Rapport enquête SRRP Labé, août 2005

Il ressort du tableau précédent que le taux de recrutement pour l’ensemble des éco­les professionnelles s’est élevé à 63,6% en 2004. Le recrutement des filles est prati­quement insignifiant au niveau du CFP : sur 22 candidates, 3 seulement ont été re­crutées. Les deux autres écoles présentent une situation nettement différente. A l’ESSC, 194 ont été recrutées sur un effectif de 236 candidates, contre 184 sur 257 à l’ENI. Les pourcentages de recrutement des candidates (82,2% pour l’ESSC et 57,5% pour l’ENI) montrent une forte présence de la couche féminine dans ces deux établissements.
 

Situation des effectifs par filière au CFP de Labé  [haut]

Filières

Nombre d’élèves

2002

2003

2004

Electricité

23

26

21

Mécanique .auto

17

08

10

Chaudronnerie

08

06

-

Menuiserie

06

04

0

Plomberie

15

12

09

Maçonnerie

14

06

03

Total

83

62

43

Source : Rapport enquête SRRP Labé, août 2005

S’agissant de l’équipement des institutions d’enseignement technique et profession­nel, notamment le CFP, les ateliers d’apprentissage sont insuffisamment dotés et les moyens pour assurer la maintenance de l’existant ne sont pas toujours disponibles. Cette réalité affecte la diversification pour permettre la création de nouvelles filières porteuses.

Les effectifs du CFP enregistrent une baisse entre 2002 et 2004 qui se situent à 24,4% de 2002 à 2003 et de 30,6% de 2003 à 2004. Toutes les filières suivent cette tendance. Parallèlement à cette diminution, le CFP a enregistré 130 candidats pour l’inscription en 2004.

Par ailleurs, les trois écoles professionnelles publiques de la région (CFP, ENI, ESSC) ont présenté aux examens de sortie de 2004 531 candidats sur lesquels 498 ont réussi, soit un taux d'admission de 93,8%. L'ENI a enregistré les meilleurs résul­tats de l'année avec un taux de réussite de 96,6%, suivi de l'ESSC avec 90,2% et enfin le CFP 88,2%. Les résultats des filles montrent un résultat exceptionnel au cours de 2004 avec un taux de réussite au niveau des trois écoles de 100%.

 

Résultats des examens de sortie des écoles professionnelles (2004)  [haut]

Etablissement

Candidats aux examens de sortie

Admis

Garçons

Filles

Total

Garçons

Filles

Total

Garçons

Filles

Total

CFP

58

10

68

50

10

60

86,2

100,0

88,2

ENI

143

177

320

132

177

309

92,3

100,0

96,6

ESSC

48

95

143

34

95

129

70,8

100,0

90,2

Total

249

282

531

216

282

498

86,7

100,0

93,8

Source : Rapport enquête SRRP Labé, août 2005

Un autre aspect essentiel de la qualité de l’enseignement est la question des ma­nuels scolaires et des équipements. Dans la région, le ratio manuels/élève au public de 1,8 qui était l’un des meilleurs du pays en 2003 s’est dégradée en 2004 pour at­teindre 1,5 ; sans doute, à cause de l’accroissement des effectifs d’élèves. Ensuite, le ratio manuel de lecture/élève au public qui était de 0,5 en 2003 a baissé à 0,4 en 2004. A ce rythme, les objectifs respectifs de l’EPT de 2 manuels par élève et de 1 livre de lecture par élève ne seront pas atteints dans la région, à la fin de la première phase du programme.

Quant au personnel scolaire, le ratio élèves/maître au primaire en 2005 est de 49,3 contre 45, tel que fixé par les objectifs du programme de l'éducation pour tous (PEPT). Le gap s’élève à 199 enseignants. Au secondaire, Labé a connu entre 2001 et 2004, un taux de croissance des effectifs au collège de 15,1%, et au lycée, les effectifs sur la même période ont été multipliés par 1,8 (Rapport focus groupe éduca­tion, avril 2005). Ce qui fait qu’à ce niveau également, l’enseignement est non seu­lement caractérisé par une insuffisance de personnel mais aussi par des faiblesses dans l’optimisation des horaires statutaires des enseignants en activité en rapport avec les organisations pédagogiques. En effet, le système d’emploi du temps assez complexe (matières au programme non regroupées) rend difficile l’optimisation des ressources enseignantes surtout lorsque les enseignants ne sont pas polyvalents sur des matières connexes comme les mathématiques et les sciences, l’histoire et la géographie. L’enseignement technique et professionnel et universitaire connaît de son côté une pénurie et une mauvaise gestion des ressources humaines

Ensuite, le problème de formation, en tant que garant de la qualité de l’enseignement, se pose au personnel enseignant, à tous les niveaux. Les critères de recrutement des élèves maîtres ne sont pas respectés ; le temps de formation initiale dans les ENI est court (6 à 9mois) et ne permet pas de prendre en charge tous les besoins de formation des futurs enseignants. L’enseignant en situation de classe est presque abandonné à lui-même, faute d’encadrement suffisant. La formation conti­nue ne prend pas en compte tous les besoins de formation des enseignants. L’enseignement est caractérisé au niveau professionnel par le vieillissement des ef­fectifs et l’insuffisance de spécialistes pour la création de nouvelles filières porteuses et au niveau universitaire par l’insuffisance de la qualification pour l’enseignement à dispenser (non détenteurs du diplôme équivalent). Il en va de même des agents al­phabétiseurs qui ne disposent pas toujours d’approches appropriées d’intervention sur le terrain.

Enfin et d’une manière générale, des questions relatives à la corruption, aux violen­ces, aux drogues et au VIH/SIDA dans les écoles demeurent une préoccupation dans la région. S’agissant des cas de violences scolaires, 9 cas ont été enregistrés en 2004 (7 à Mali dont un décès et 2 à Tougué), 6 en 2003 (3 à Mali et 3 à Tougué) et 11 en 2002 (7 à Mali et 4 à Tougué). Dans les autres préfectures, un seul cas a été enregistré à Lélouma courant 2005 (rapport enquête SRRP Labé, août 2005).

 

 

 

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